Il y a péril en la demeure au tribunal d’Orléans et ailleurs

Le barreau d’Orléans a fait passer brièvement une annonce sur Le bon coin pour trouver un juge aux affaires familiales. Aussi nous saluons l’initiative courageuse des avocats de notre ville qui, par un coup d’éclat médiatique, viennent de dénoncer l’incroyable indigence du Tribunal des Affaires Familiales d’Orléans. Nous saluons également ces Sisyphes contemporains que sont les juges aux affaires familiales remontant chaque jour la montagne des dossiers en attente d’un jugement.

Comme représentants d’une association militant pour l’égalité parentale, comme justiciables (et nous le sommes tous en puissance), comme Orléanais, comme citoyens français, nous vous disons merci pour votre dur labeur et nous faisons cause commune avec vous pour réclamer dans les plus brefs délais des moyens permettant un fonctionnement normal du tribunal.

Nous ne parlons pas seulement d’une montagne de dossiers, mais de femmes, d’enfants, d’hommes ou plus précisément de mères, d’enfants, de pères qui souffrent en attendant des décisions de justice qui se font attendre dans des délais insupportables pour des citoyens de la patrie des Droits de l’Homme.

Il faut que nos représentants à l’Assemblée Nationale, après ceux du Sénat il y a quelques mois, se décident, afin de résoudre ces problèmes qui ne sont certainement pas propre au tribunal d’Orléans, à proposer une nouvelle loi sur la famille qui doit permettre de simplifier la tâche des magistrats. La médiation a priori mais aussi l’accompagnement social et surtout le respect de l’égalité des sexes dans la parentalité devraient débarrasser les tribunaux de ces conflits qui n’en finissent pas et qui trahissent le retard pris par la loi ou par les habitudes judicaires sur les moeurs.

Il n’est pas inutile de rappeler que la loi prévoit la résidence alternée mais n’oblige pas à la mettre en œuvre, dans les cas où elle est possible et souhaitée par un des parents. Où est l’intérêt des enfants quand la majorité des décisions de justice confie l’enfant à un seul parent, en très grand majorité la mère ?

La grande pauvreté des familles mono-parentales, l’encombrement des tribunaux, la souffrance des enfants et des pères privés les uns des autres n’a qu’une seule cause : l’archaïsme de la loi qui considère encore que la « famille normale » est constituée d’un père qui va travailler et d’une femme au foyer qui tient la maison et qui éduque les enfants

Soyons courageux, soyons dignes de ceux qui en 1789 ont été les premiers les premiers à légiférer sur le divorce : changeons la loi !

Association Egalité parentale, Orléans, 16 avril 2014

egaliteparentale.45@gmail.com