Loi sur la famille 2014 : des progrès mais…

Comme vous le savez, l’Assemblée nationale discute à partir d’aujourd’hui d’une nouvelle loi sur la famille. Les medias parlent beaucoup de certains points qui vont polémique (contrat d’éducation pour le beau parent – et non statut, pétition de pédopsychiatre contre la résidence alternée, etc.). Beaucoup d’amendements déposés concernent ces points médiatiques.

Certains pédopsychiatres montent au créneau contre la résidence alternée mais ils évitent soigneusement de parler de la situation des quarante pour cent des enfants de parents séparés qui ne voient plus leur père… Nous avons cessé de penser qu’il y avait une infériorité des races ou des sexes, ces pédopsychiatres devraient en prendre conscience, pourquoi devrait-on continuer à considérer qu’il y a une aptitude naturelle des femmes à s’occuper des enfants et de l’autre une inaptitude congénitales des hommes à prendre soin de leur progéniture ? D’ailleurs, la plupart des signataires de cette pétition ne sont pas pédopsychiatres ni mêmes des professionnels de l’enfance… (http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=RADL2013)

Au final, ce qui gêne le plus, c’est que le discours soit sexué ! Nous sommes tous, père et mère, pour l’intérêt de nos enfants ; nous sommes tous, hommes et femmes, contre la violence ; nous sommes tous, citoyens et citoyennes, en faveur du respect de la loi.

Ce que nous refusons, c’est que la règle soit sexuée. Les deux parents se valent ; personne n’a le droit de battre son conjoint ou son enfant ; celui qui ne respecte pas la règle (déménagement ou non présentation d’enfant ou non paiement de la pension alimentaire), doit être pénalisé.

Car un certain nombres de points de cette proposition de loi sont des avancées même si elles sont insuffisantes :

* Résidence : le principe d’une double résidence de l’enfant ; * Non présentation d’enfant : une sévérité accrue par amende civile pour les non-représentations d’enfant ; * Déménagement : l’obligation d’accord pour changement de résidence de l’enfant, quand il impliquera une modification de l’accueil par l’autre parent ; * Médiation familiale : la possibilité d’ordonner la médiation familiale par le juge (et non le conseil).

Toute opinion politique confondue, il est de notre devoir d’interpeller les députés et sénateurs de tout bord, pour qu’ils s’expriment devant leurs électeurs sur le sujet. Il faut impérativement arriver à ce qu’ils votent non en fonction de consignes du gouvernement ou des partis mais en fonction de leurs convictions et surtout en fonction des enfants privés d’un de leurs deux parents.

A vos claviers électronique, à vos plumes, aller aux permanences, sur les marchés, rencontrer ces élus.

La loi est en train d’être changer. Il faut continuer. Car la grande pauvreté des familles mono-parentales, l’encombrement des tribunaux, la souffrance des enfants et des pères privés les uns des autres n’a qu’une seule cause : l’archaïsme de la loi qui considère encore que la « famille normale » est constituée d’un père qui va travailler et d’une femme au foyer qui tient la maison et qui éduque les enfants

Association Egalité parentale, Orléans, 19 mai 2014